Cash & Flow
Lil Wayne est un des rares ex-Hot Boyz à être resté au sein des Cash Money. Turk est en prison, B.G. a pris la voie de l'indépendance pour des raisons argentières et Juvenile a requitté le label il y a quelques semaines. Mais ce n'est pas le moment de baisser les bras pour ce talent venu du Dirty South. The Carter est produit par Mannie Fresh, l'un des producteurs les plus sous-estimé de notre génération. Et les bons échos des fans du 'hot boy' ont attiré notre curiosité. Et là, belle claque. Petite parenthèse pour rappeller que cet album est sudiste, mais pour couper court aux clichés, il n'y a pas de 'crunk' light et Wizzy n'est pas du genre à gueuler comme un porc au micro. Au contraire, on a droit à d'excellents up-tempos et autres productions bien mélodiques. En plus, Lil Wayne a une voix assez infantile et un bon flow pour un rappeur de sa trempe, ce qui ne lui permet pas d'être considéré comme un véritable poids lourd ni sensation. Pourtant il en a la carrure.
Le ptit Wayne reste fidèle au style de son écurie, qu'il représente fièrement sur l'excellent Cash Money Millionnaire. Et même si côté textuel, ça reste du conventionnel, il y a déjà un petit quelque chose qui le rend étonnant, intéressant voire attachant. Les choses sont prises au sérieux, les tubes (Bring It Back, Go DJ), comme les morceaux plus dangereux (Tha Heat). Le rappeur nous partage aussi une sensibilité non dissimulée (On My Own, I Miss My Dawgs), ne cherchez pas chez lui une icône gangsta ou autre. Ce qui fait le charme de Lil Wayne c'est justement sa simplicité et sa capacité à jouer sur une légère musicalité de son flow pour donner plus de relief aux très bonnes productions. On a droit aussi à d'agréables surprises, telles que Snitch ou Earthquake, qui reprend un air célèbre d'Al Green. Côté invité, outre le talentueux Mannie Fresh, on trouve l'autre moitié des Big Tymers, Baby aka Birdman. Et ce sera tout, bien dommage pour une fois.
En conclusion, The Carter est une très bonne sortie Dirty South, un cran en dessous de Juve The Great de son ancien acolyte Juvenile. Ce qui n'empêche pas de rappeler que ce dernier album de Lil Wayne est loin d'être négligeable. C'est même une des meilleures sortie sudiste de ces derniers mois. Un petit coup de c½ur.